#MotàMot 2 | les secrets d’une maison d’édition

Littérature News

Aujourd’hui, Marie-Hélène Fasquel et Gabriel Erhart vous proposent l’interview de Frédéric Frère, directeur des Éditions Nouvelle Bibliothèque.

À la suite, une présentation des ouvrages de cette toute jeune maison d’édition pas comme les autres !

 

Bonjour Frédéric, comment et quand as-tu décidé de créer ta propre maison d’édition ? 

Petite précision… Si sur papier il s’agit de MA maison d’édition, je tiens à ce qu’elle devienne LA maison d’édition de nos auteurs et LA maison d’édition de nos lecteurs. Et en rêvant un peu, LA maison d’édition des libraires.

Quand ? En novembre 2017, après une très longue réflexion de deux ans environ. Mais tout ne s’est mis en branle réellement qu’en mai 2018.

Comment ? En prenant la décision de franchir le pas et en m’y investissant à 500%. Tout est parti d’un constat. J’avais l’opportunité, en tant qu’auteur, de signer une grosse maison d’édition. On a crié au fou mais j’ai décidé de refuser. Le contact n’y était pas. L’humain n’y était pas. Je trouvais que l’on considérait l’auteur comme un apporteur d’affaires plus qu’autre chose et qu’il ne se résumait qu’à ça. J’ai écouté les acteurs de la sphère indépendante comme ceux qui avaient déjà signé une ME (Maison d’Édition) et le constat était assez édifiant : beaucoup de griefs qui tournaient autour des ME étaient une certaine rigidité, une certaine froideur et un nombre incalculable de mirages que l’on faisait allègrement miroiter. Évidemment, ceci n’est pas une généralité et qu’on ne se méprenne pas sur mon propos. De grosses ME de qualité, il y en a.

J’ai donc listé tout ce que j’avais trouvé de bien et de négatif auprès de la ME qui voulait me faire signer. Et j’ai décidé de bâtir les Éditions Nouvelle Bibliothèque en mettant particulièrement l’accent sur tout ce que j’avais trouvé de négatif, en me disant : ” Je ferai autrement”.

Quelle mission te tient le plus à cœur ? 

A proprement parler, ce n’est pas une mission… C’est une volonté. Mon credo. C’est la relation de proximité que j’essaie, avec mon équipe éditoriale, de maintenir avec les auteurs. Une proximité la plus directe et la plus franche possible même si cela est parfois assez chronophage et parfois compliqué à combiner avec les exigences des échéances et du volume de travail que représente la direction et la gestion d’une ME, ses projets de développements et tout ce que cela implique.

Il y en a une deuxième qui n’est pas une mission à proprement parler non plus… quoi que… c’est d’imaginer et de mettre en branle les projets de développement. Mon âme de bâtisseur peut-être…

Le mot de la fin ? 

Que jamais aucun auteur n’oublie qu’être signé par une ME n’est pas une fin en soi. C’est un début et le plus dur arrive après la signature. Le succès n’arrive pas d’un coup de baguette magique. Un livre est comme un enfant. L’édition est sa naissance… après, pour le faire grandir, il faut l’accompagner, l’entourer, l’encadrer, le pousser, s’en occuper. L’auteur qui ne se préoccupe pas de porter son ouvrage après édition ne le verra pas croître. L’éditeur est un support. Pas un suppléant de l’auteur.

 

 

Six premiers mois de publications

Nous avons chroniqué et apprécié tous ces titres. Vous pouvez retrouver les chroniques complètes sur notre blog ainsi que celles des ouvrages qui sont sortis depuis !

Terminus de Jonathan Theroude

Un tout premier roman très réussi ! Du suspense et des émotions fortes. Ce roman atypique nous présente un narrateur / protagoniste au tempérament à fleur de peau, tombé dans la déchéance et l’alcoolisme à la suite de son divorce, après un parcours professionnel brillant. Cette histoire de la chute d’un homme, de ce qu’il appelle sa vie « gâchée », d’un amour en miettes, de la vie de 3 personnes brisées à cause d’un faux pas nous donne à penser que tout un chacun peut sombrer… C’est aussi l’histoire de la quête de Vincent, d’un renouveau, la tentative de s’en sortir.

So long, Alice de Constance Dufort

Un roman tout en délicatesse ! Les aventures d’une Alice des temps modernes, d’une héroïne de 14 ans, qui saura vaincre tous les obstacles afin d’accomplir sa quête. Une fable revisitée. Un texte bien écrit, frais comme sa protagoniste, qui malgré un passé difficile se bat pour retrouver son frère. Elle rencontre des personnes dignes d’un roman de Lewis Carroll qui vont tour à tour se retrouver antagonistes et compagnons et l’aideront tous, à leur manière, à évoluer, grandir et ainsi à devenir une femme épanouie.

Killarney 1976 de Joel Macron

Une aventure humaine et historique : un livre édifiant sur la folie des grandeurs du Shah, sur l’influence encore considérable à l’époque des intellectuels français, sur les rêves de démocratie. Des souvenirs. Et une réalité tragique toujours bien vivante : celle de la situation au Proche-Orient.

Amer Noir, le jour où j’ai tué Staline d’Éric Tchijakoff

Plus qu’un roman dépaysant, un voyage au cœur de soi-même à la recherche de ses limites. Un livre qui nous immerge dans une Russie dont nous, Occidentaux, ignorons tellement de choses, la Russie prérévolutionnaire…

La petite fiancée de la Grande Guerre de Michel Cordeboeuf

Un livre sobre et puissant. Des dialogues brefs, mais qui parlent vrai, et qui nous touchent intimement, car cette Grande Guerre est encore bien présente dans les souvenirs familiaux des Français alors que celle de soixante-dix s’est effacée de la mémoire collective, mais il faut dire que c’était une défaite ! Quatorze a été une victoire, mais une victoire sur quoi ?

Grand Froid de Cyril Carrère
Un thriller extrêmement addictif. Une histoire à couper le souffle. Des rebondissements à perdre haleine. Un suspense prenant de la première à la dernière page. Un thriller politique et historique, qui nous fait voyager dans le temps et l’espace.

Le legs de Philippe Henry
Un livre très bien écrit, tel que nous les aimons : fin, délicat et tout en nuance lexicale. Un suspense créé en partie par le mode d’écriture : cinq personnages – une famille – sont narrateurs et construisent le récit, progressivement. Une histoire de vengeance dans un contexte cruel. Ou comment s’en sortir et faire ou non les bons choix pendant la guerre, dans des moments où tous les repères, la morale et beaucoup de notions perdent, malheureusement, de leur sens.

Toutes les couvertures sont du talentueux graphiste : Brian Merrant. (https://www.facebook.com/brianmerrant)

 

Marie-Hélène et Gabriel
Ou https://sharingteaching.blogspot.com

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *