Au détour d’une séance de dédicaces à Cultura Balma, Soan a eu la gentillesse de nous accorder une entrevue afin que nous puissions lui poser quelques questions.
Comme vous allez vous en rendre compte, celui qui a été connu grâce à Nouvelle Star taille aujourd’hui sa route en restant proche de ses fans.

Tes textes sont très engagés. Est-ce que c’est la galère qui suscite l’engagement ou l’engagement qui peut amener à la galère ?

L’engagement peut amener à la galère, par contre je suis plus vraiment en galère, je galère moins qu’avant quand même. Par contre la vraie galère c’est de subir le monde comme on le prend en pleine gueule toutes les 5mn, y’a rien qui va droit… L’artiste c’est un peu son métier, c’est le « commentateur de ». Avant je commentais ma vie, maintenant je commente celle de autres parce qu’elle est encore plus énervante que la mienne.

Photo So Peuch

Quel qualificatif te convient le mieux : engagé ou rebelle ?

Ben ni l’un ni l’autre. Je suis pas porte étendard de quoi que ce soit. Un boulanger qui fait pas la gueule alors qu’il se mange quatre cent parisiens dans la journée déjà c’est un engagement quoi.

Qu’est ce qui pourrait t’amener à ne pas faire un concert, une dédicace ?

Pas grand chose. J’adore ne pas être le bienvenu en plus.

Tu es très en contact avec les gens qui te suivent sur Facebook notamment, c’est toi qui est vraiment derrière ton profil.

Exactement. On le voit bien d’ailleurs, la plupart des trucs sont filmés chez moi.

Entre Nouvelle Star et Kiss Kiss Bank Bank, qu’est ce qui t’a le plus touché ?

Les deux. Moi je veux juste faire mon métier. Après les gens ils en pensent ce qu’ils en veulent, ils sont au rendez-vous ou ils le sont pas… je dois rien au public dans le sens où ils voulaient un disque et moi je suis allé le faire. C’est comme toi tu dois rien quand t’achètes la baguette au boulanger. Il la fait, tu lui dois le prix de la baguette, c’est tout. 

Donc ni l’un ni l’autre en fait. Ce qui me touche c’est quand en concert que vois une petite mamie au premier rang avec une patate d’enfer, accrochée à la barrière. Ça, ça me touche ouais.

Justement c’était la prochaine question. Tes chansons, ta personnalité, ça touche les jeunes comme les vieux, comment tu l’expliques ça ?

Sans doute parce que y a plein de gens qui ont envie de sincérité et que je sais pas mentir. On se retrouve à ce moment là.

Depuis tes premières apparitions télé, beaucoup de tatouages ont fleuri sur ton corps, est-ce que tu as envie de nous parler de l’un d’eux ?

Non (rire).

J’avoue je m’y attendais ! 

Ben ouais parce que c’est un peu perso, quand je me regarde comme ça c’est un peu des petits points d’encrage quoi, c’est le cas de le dire, super jeu de mots !

Retourné vivre, ton nouveau CD. Quand on l’écoute parfois on entend Brel, Ferré au niveau des intonations, des paroles…

Pas trop des paroles justement. Tout ce beau monde est dans la chanson très réaliste, moi je suis plus dans les petites touches de parfum d’âme. Après on peut peut-être me rapprocher d’eux dans ma façon de déstructurer le texte. Je sais pas raconter une histoire comme Bref qui raconte Jeff. Moi je suis plus dans la poésie, je peux mépriser n peu le sens pour une couleur de mots qui me fait ressentir quelque chose.

On sent une réelle différence entre cet album et les précédents. Un cap a été passé.

Ben ouais, c’est moi qui ai fait la réal’, tout simplement. J’avais mes copains qui étaient là évidemment, j’ai pas tout fait, mais j’ai dirigé le truc.

On change de sujet. Gros coup de gueule sur la fête de l’Huma, tu maintiens ? 

Ouais, qu’ils aillent bien se faire enculer. Je te le maintiens et tu peux l’écrire noir sur blanc t’sais. Parce qu’en fait une fois on devait faire une photo sur les marches de l’opéra Bastille, moi j’étais un peu le pas invité mais j’y étais quand même. Les mecs ont été super irrespectueux, ils m’ont expliqué que Camélia (Jordana) était plus engagée que moi, de vraies grosses conneries parce qu’elle s’en fout. Enfin bref depuis ils bottent en touche, quand je les ai contactés pour jouer chez eux ils m’ont renvoyé sur les petites assos. Non mais tu m’as pris pour qui ? Tu vois, c’est pour ça que je te disais que l’engagement ça me fait chier, ça devient vite une chapelle, c’est un peu comme être publié dans Les Inrocks. C’est une famille ou y en a qui ont la carte et d’autres pas, mais c’est pas une question de qualité : c’est une question de contacts ! Faire un encart d’une page pour Dire que Camélia c’est l’album de l’année alors qu’un fils de prolo vient de gagner l’émission, ils sont badables quoi.

Photo So Peuch

Ben justement nous on s’adresse aux fils de prolos. Tu as quelque chose à leur dire ?

Ouais, j’ai quelque chose à leur dire. Lâchez rien, faut arrêter de croire qu’on est moins bien que les autres. On fait tout pour qu’on aie honte d’être nous mêmes, pour baisser nos salaires et nous faire fermer nos gueules. Battez vous aujourd’hui pour demain.

On lâche rien, HK, tu l’as rencontré ?

Non je l’ai pas rencontré non. Je suis pas trop fan de cette chanson, par contre je suis fan du projet.

Merci de nous avoir accordé cette interview Soan !

Avec plaisir !