Gipsy Raw est une jeune compagnie de danse franco-italienne. Les chorégraphes, Pasquale Fortunato (Paco) et Manon Mafrici ont pourtant un parcours impressionnant et commencent à tourner à l’international. Découverte…

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Paco : J’ai commencé à danser étant petit, parce que ma mère est danseuse aussi. Elle a une école de danse dans le sud de l’Italie dans laquelle j’ai grandi. J’essayais de pratiquer la danse classique. À 13 ans, j’ai commencé le hip hop avec mon professeur. Ensuite, je suis parti en battles, compétitions…
Ma première expérience pro a été la comédie musicale Notre-Dame de Paris de Richard Cocciante. J’ai voyagé avec eux pendant plusieurs années, en Chine, Corée, Japon, Singapour… et beaucoup d’autres tournées internationales jusqu’en 2019.
J’ai ensuite travaillé avec Hervé Koubi et depuis peu je travaille avec Kader Attou.
J’ai aussi participé à de grands shows télévisés en Italie : Amici, un programme italien pour lequel j’ai été repéré à 18 ans (j’ai passé le casting avant ma majorité) et embauché direct en tant que pro, puisque les programmateurs ne connaissaient pas encore le hip hop. Ça a été le début de plusieurs collaborations TV.

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Manon : J’ai commencé la danse comme beaucoup, à 3 ans avec le classique, puis le modern jazz, le tout dans de petites écoles du nord de la France. Vers l’âge de 12 ans, j’ai rencontré le hip hop, toujours en école. J’ai commencé les compétitions par la suite, c’était mes premiers pas sur scène. Ce qui m’attirait c’était de créer mes propres chorégraphies, dès le plus jeune âge.
En même temps, j’ai toujours aimé l’école et j’ai longtemps essayé d’allier les deux mondes. Après le bac, je suis rentrée en école de kiné tout en étant dans une compagnie belge : Fusion. C’était un emploi du temps très lourd entre les cours, les répétitions et les longs trajets chaque jour.
Suite à une opération, je me suis retrouvée face à mes cours et sans la danse. J’ai eu mon année mais il me manquait vraiment quelque chose.
Un jour, je suis tombée sur une audition de Soria Rem et Mehdi Ouachek (Cie Art Move Concept) qui sont devenus plus tard mes « mentors ». Je me suis retrouvée, totalement amateur, à une audition parmi 150 danseurs au théâtre les Gémeaux à Sceaux. Nous avons été deux (une circacienne et moi) à être choisies. Mon chemin professionnel s’est donc fait tout seul, je me suis investie à fond dans la danse et je ne l’ai jamais regretté.
Je suis rentrée chez Hervé Koubi deux ans plus tard, mais j’ai toujours essayé de cumuler des formations en parallèle. Je me suis donc formée dans la contorsion, domaine se rapprochant des études que j’avais commencé. J’aime beaucoup utiliser ma flexibilité et ma souplesse dans la danse. Je voulais perfectionner ça.

Dans le même temps, j’ai rencontré Paco avec qui j’ai dansé dans d’autres compagnies avant de fonder Gipsy Raw.  Il m’a portée dans son monde du street show, que je ne connaissais pas du tout, puisque j’avais toujours dansé en salle ou en théâtres. Pendant la première année de notre rencontre, il était en Italie, avec ses élèves et dansait souvent en extérieur. Imaginez ma tête quand ils m’ont proposé d’aller danser dehors, sur le béton ! Mais c’était trop bien ! 

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L’histoire de Gipsy Raw

Paco : On a fondé Gipsy Raw avec Manon en 2021. Le projet est né dans une période de street show. Nous sommes actuellement 3 : mon élève, Claudio, Manon et moi.

On a essayé de vivre tout l’été avec simplement l’argent gagné au street show. La compagnie a pour but de s’adresser à tous types de publics. Ce n’est pas une compagnie élitiste. Quand tu marches dans la rue, tu peux rencontrer n’importe qui. C’est tout l’intérêt du street show.
L’idée de fonder la compagnie est arrivée après le premier confinement, puisque nous avons été séparés. J’étais en Italie, Manon en France et la frontière était bloquée. Quand nous nous sommes revus après 4 mois, nous avons commencé à créer sans réfléchir.

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Manon : On voulait apporter du bonheur aux gens et rigoler après cette période.

Paco : La première création de Gipsy Raw est née parce que nous voulions participer à un concours chorégraphique, le Hip Hop Games.

Manon : Le but de ce concours, c’est de mettre le freestyle en avant sous forme de jeu. La soirée se déroule avec différents challenges.
C’est un concours pour les jeunes chorégraphes et les cinq minutes de présentation au concours (temps de passage de chaque compagnie) sont devenues le début de notre spectacle.
Nous avions également la volonté de développer le côté burlesque parce que nous avions besoin de légèreté après cette période très bizarre. Nous avons décidé de garder les thèmes sérieux pour de prochain spectacles. 
Avant cela, nous avions besoin de retrouver la vie d’avant. On nous a interdit d’exercer notre métier pendant trois ans. Il était vital de revenir à ces moments uniques que sont ceux du partage de la danse. C’est pour cela qu’on a voulu ramener le street show sur scène.

Paco : C’est grâce à ces cinq minutes que nous avons vu que les choses fonctionnaient. Nous avons donc décidé de sauter le pas. Maintenant, nous avons un spectacle d’une heure à trois personnes : nous deux et un de mes élèves, Claudio, qui a commencé le hip-hop avec moi à l’âge de 9 ans.
Il en a aujourd’hui 23 et c’est une grande fierté pour moi de l’avoir à nos côtés dans la compagnie. Cela me permet également de l’aider dans son parcours artistique professionnel. 

La reprise a-t-elle été compliquée ?

Manon : Oui un peu, les jauges n’ont pas facilité les choses. Les théâtres faisaient vides. Personnellement, j’ai eu de la chance. Avec mon autre compagnie, nous n’avons pas vraiment vu passer le deuxième confinement puisque nous avons eu un théâtre à notre disposition pendant un mois.
Nous avons donc pu créer un nouveau spectacle. Par contre, la programmation de la première, qui devait avoir lieu avec un public, a finalement eu lieu en live. C’était cool, mais hyper frustrant pour nous. On a eu plus de 14 000 visualisations en direct, mais en face de nous tout était vide à part Paco en plein milieu de la salle et les cameramen.
Pendant un an et demi / deux ans ça a été très compliqué, et même maintenant on ne retrouve pas encore la même énergie.
Si on s’appelle spectacle vivant, ce n’est pas pour rien : les représentations sont toutes différentes en fonction du public que l’on a en face de nous. On s’alimente des réactions des premiers rangs, de l’émotion de la salle…
Nous commençons tout juste à retrouver cette énergie sur scène et c’est aussi ça qui nous a poussé à créer quelque chose de totalement différent, loin du burlesque, pour notre deuxième pièce.

Vous nous en parlez ?

Dans notre premier spectacle, on retrouve quelque chose de très public, la rue etc. Pour Après Tout (notre deuxième pièce), au contraire, on est sur quelque chose de très intimiste, chose qu’on ne pouvait peut-être pas se permettre dans les deux années post-covid.

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Parce que ce qu’on n’a pas encore dévoilé, c’est que vous êtes un duo à la scène comme dans la vie.

Paco : Exactement. Et c’est pas toujours simple. Manon est plus fantasque, moi au contraire je suis très terre-à-terre, réaliste. Peut-être un peu trop.

Manon : La vie de danseur, c’est aussi en général beaucoup de séparations. Nous, pour l’instant, on ne l’a pas trop vécu. On dansait ensemble chez Hervé Koubi, on a monté Gipsy Raw… Cela a été une force pour nous d’être ensemble, mais c’est aussi bien de faire des projets qui nous appartiennent à chacun. Par contre, il faut avoir organisation et maturité ; il faut savoir gérer son agenda pour se retrouver, ne pas tout accepter…
En fait, les deux personnes doivent à la fois avoir envie de se voir et de faire leur propre chemin. Mais finalement nous vivons dans le même milieu. J’imagine que pour quelqu’un qui est dans un univers totalement différent, ça doit être très compliqué de composer avec ça.

Par exemple : le rapport au corps. En tant que danseurs, on a compris, on a la même vision, nos corps sont un instrument de travail. Mais pour un.e compagne.on de vie qui n’est pas du tout dans le milieu cela peut être problématique.

Paco : Nous vivons beaucoup d’émotions. Je pense que travailler avec la personne que tu aimes c’est  une grande force. Quand tu es artiste, tu n’as pas beaucoup de temps pour ta famille, ni pour toi tout simplement. Moi, j’ai appris ça avec ma mère, en grandissant dans son école. Je ne vois pas la différence entre le travail et la vie. Pour moi tout est mixé.

Manon : Si chacun sait où est sa place en confiance et sans jalousie, tout va bien. Pour moi, c’est aussi la raison pour laquelle c’est important que chacun ait ses propres projets : pour pouvoir briller chacun de son côté, au même niveau et partager nos vécus par la suite.

Et ça vous permet aussi d’enrichir vos propres créations.

Manon : Oui. Ça nous amène différentes visions, différentes expériences et c’est bien. Vu que l’on vit dans le même monde, ça nous évite la routine.

Que veut dire Gipsy Raw ?

Paco : C’est un nom avec une explication cachée. C’est Claudio qui a trouvé le nom. Dans cette période, on vivait beaucoup de voyages. On travaillait sans imaginer ce qui allait se passer après.
Gipsy, population de voyageurs, représente le côté émotionnel et la liberté. Nous sommes émotionnellement gitans, libres. Raw, signifie cru, sur le moment, le vif, la réalité.
Autrement dit, nous nous basons sur le moment présent. Si on met les deux ensemble, on en arrive au « rêveur vrai ».

Manon : Cela peut coller aussi à la traduction de raw : racine. Par exemple, on travaillera toujours avec les personnes pour ce qu’elles sont. Nous voulons mettre en avant leur personnalité sur scène, les racines de chacun.
C’est comme ça qu’on a créé le duo, en assurant l’union de nos différences mais en mettant en avant le breakdance de Paco, ma contorsion, mon jazz… tout en dansant ensemble et en se suivant l’un l’autre.

Paco : On ne vient pas des même danses, donc quand on performe on veut juste de la réalité, pas de choses construites.  C’est d’ailleurs un projet pour une prochaine création de groupe : porter la différence de chacun au centre d’un spectacle. On attache aussi beaucoup d’importance aux défauts : pour nous ce sont des points forts.

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Parlez nous de Tu, Lei & Io, votre premier spectacle

Manon : Déjà, cela signifie toi, lui et moi.

Paco : Nous avons décidé de ce nom car cette création est à trois personnes. C’est une histoire de dialogue. Claudio en est le personnage principal, et cela parle d’un voyage entre trois amis. 

Manon : Avec Paco, nous avons l’habitude de faire des petits road trip, beaucoup en Italie. On a commencé à créer des micro-vidéos partout où on allait. On a voulu monter ce trio sous forme de scènettes dans ce genre là.

Paco : Notre personnage principal ne se souvient pas de quand il était petit, c’est un adieu à l’enfance. Il trouve trois poupées et rêve du temps où il était petit. 

Manon : Il se remémore son enfance grâce à ces trois poupées à notre effigie, créées sur mesure pour le spectacle. On ne les fait pas vivre. Elles sont juste là, des représentations de nous-mêmes. Paco et moi sommes un peu les deux amis imaginaires du personnage que joue Claudio, nous pouvons représenter un peu ses amis, sa famille…

Et Après Tout ?

Paco : Ce spectacle parle du temps. Nous voulons expliquer la notion de temps en relation avec la vie de l’humanité.

Manon : Nous avons vraiment travaillé sur l’aspect philosophique de la chose. Représenter vraiment l’importance du temps sur l’Humain.
Le titre est issu d’un livre. Nous l’avons choisi car il est très en lien avec notre message de fin : le temps est intouchable. C’est quelque chose qu’on ne peut pas contrôler. Chaque chose à son temps donné et on doit l’accepter. Alors autant user de son temps de la meilleure façon possible, profiter des gens que l’on aime et surtout ne pas perdre son temps.

Paco : Dans cette création, nous avons beaucoup de projections, que ce soit dans le passé ou le futur, le soleil, la lune… Nous avons un sablier sur le plateau, qui représente le premier moyen de calcul du temps. Un sablier, c’est aussi beau, fragile et subtil. Pour nous c’est la parfaite image du temps.

Manon : Et c’est un duo. Pour la première pièce, nous avions du mal à nous mettre d’accord pour créer. Nous avons voulu repartir sur une pièce à deux pour mieux nous comprendre. Ça a d’ailleurs bizarrement été beaucoup plus facile. On a accéléré la création de cette pièce qui ne devait avoir lieu que l’année prochaine. Nous avons une coproduction avec le Théâtre le Pharos à Arras, tout était prêt pour une résidence…
Mais, entre temps, on a eu l’opportunité de participer au concours Dialogues de Mourad Merzouki, et on a dû créer 15 minutes en 3 jours.
Il y a aussi le fait que dans la première pièce, ce n’était pas vraiment mon univers et j’ai peut-être eu plus de mal à m’adapter. Ici on est vraiment parti de lui et de moi.

Paco : Nous allons développer cette création pour les prochains festivals en format 30 minutes et avons aussi l’idée de créer un format 50 minutes pour la porter encore plus loin. 

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Parlons-en du concours. Vous avez remporté le prix du public !

Manon : Oui. Dialogues met en avant une nouvelle fois les jeunes chorégraphes. Le but est d’allier la danse avec un autre art, qui peut être n’importe quoi : le cirque, la musique…
Pour notre part, nous avons choisi la contorsion et la magie parce qu’on a déjà développé cette idée là dans notre première pièce ainsi que dans une vidéo tournée il y a deux ans pour un festival allié avec les Hip Hop Games : Les Hauts en France.
On a été sélectionnés pour le concours grâce à cette vidéo justement, et on ne s’y attendait pas du tout ! On a aussi eu la chance de bénéficier du Théâtre des Champs Élysées lors de ce concours, et la date a été avancée du mois de mai au mois d’avril. Il y a donc eu un peu de stress mais tout s’est bien passé ! Nous avons bénéficié d’une semaine de résidence avec les autres compagnies à Bron chez Mourad Merzouki. Il nous a donné des conseils artistiques, techniques, et nous avons eu des studios pour continuer à créer.

Paco : C’était une grande opportunité de la part de Mourad Merzouki et de Pôle en Scène de nous donner l’occasion de participer à ce concours. Nous avons eu une belle visibilité que tu n’as pas en temps normal. 

Manon : C’était une très belle vitrine, nous avons eu de super retours et surtout remporté le Prix du public ! Il y avait 2 000 personnes dans la salle, on a remporté l’applause du public et c’était vraiment notre meilleur cadeau.

Paco : Je n’ai jamais goûté à un applaudissement comme ça pour nous. C’était incroyable. Comme quoi notre passage est une grande confirmation, ça redonne confiance et énergie !

Manon : C’est incroyable d’avoir autant d’approbation de personnes comme Mourad (Merzouki), Soria Rem et Mehdi Ouachek (Art Move Concept).

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Tout se met en place en ce moment finalement ! Quels sont vos prochains projets ?

Manon : Exactement, et il faut avoir l’énergie pour ! On commence à travailler sur une scénographie, et grâce à notre régisseur lumières, qui fait des merveilles, on aura même une chute de sable sur scène. On a hâte de continuer à créer ce duo, surtout avec l’approbation du public !
Il y a plein de choses que l’on voudrait développer sur scène.
En plus, avant, en tant que danseuse, je ne regardais vraiment que la danse quand j’allais voir un spectacle. Aujourd’hui, avec tous ces projets, je me rends compte de toute la technicité qu’il y a derrière pour embellir la danse.

Paco : Tout est vraiment important : la danse, la scénographie, la musique…

Manon : On découvre beaucoup de métiers nouveaux pour nous.

Paco : Et on touche à tout. Je n’avais jamais fait de la lumière, maintenant j’en fais pour mes spectacles par exemple. C’est un nouveau travail.

Manon : Il y a aussi l’aspect gestion de la compagnie ! La production, la communication, la diffusion… J’ai du m’y atteler un peu parce que c’est un métier à part entière.
Aujourd’hui, on a une personne qui va nous aider pour ça, mais pendant deux ans j’ai dû gérer tout cet aspect. C’est fatiguant et quand tu danses à côté, tu peux facilement en perdre un peu le plaisir d’être sur scène. Heureusement que j’aime tout ce qui est paperasse !

Paco : Oui, parce que moi je ne suis pas bon pour ça ! Si Manon n’était pas là, la compagnie ne fonctionnerait pas. C’est un gros travail. Mais en contrepartie je fais la cuisine !

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Vos projets proches ?

Manon : Nous devons repenser toutes les lumières du trio puisqu’on change de technicien. On a une heure de lumières à créer et le 29 avril, c’est la première officielle du trio à L’imaginaire de Douchy-les-Mines.
On a toujours tourné avec des versions adaptées pour les festivals mais jamais nous n’avons eu l’occasion de faire notre première officielle. En première partie, il y aura une restitution d’un travail que nous avons fait le 23 avril avec des amateurs en workshops et ateliers chorégraphiques. J’en suis très fière parce qu’il y a beaucoup de petits que je vois en stages, etc. qui seront là. Et c’est important pour nous de transmettre à une prochaine génération.

Paco : Partager, transmettre c’est indispensable. Si tu ne le fais pas, rien ne fonctionne. Les enfants d’aujourd’hui sont les spectateurs et les danseurs de demain. Nous avons donc une grande responsabilité avec les enfants. C’est aussi pour cela qu’on est partis avec une création familiale, les enfants comprennent tout et souvent mieux que leurs parents.

Manon :  Et puis ça permet à tout le monde de passer un bon moment en famille et de satisfaire les petits et les grands.
Ensuite, nous sommes programmés à Lausanne en Suisse, pour le trio également. On y proposera une version de 40 minutes. On va jouer pour un évènement spécial Hip-Hop. Il puis il y aura Séville en mai, nous partons pour rencontrer le public de la rue dans cette ville qui met tant les arts et la culture en avant. Nous sommes curieux de voir ce que cela va donner. C’est le rêve de Paco alors on a sauté sur l’occasion. Grâce à Yannick Routtier, qui nous a beaucoup aidé au début et qui gère tout ce qui est culture à la ville, nous avons aussi tout un projet sur la ville d’Arras.
Vous pouvez retrouver toutes nos actus et prochaines dates sur notre site, gipsyraw.fr !

Nous ne vous cachons pas que notre entretien avec Manon et Paco a duré encore bien plus longtemps que nous vous le racontons. Ce couple d’artistes attachants et aux belles valeurs est loin de quitter l’univers de Maddy. Vous les retrouverez bientôt ainsi que leur actualité sur nos pages.

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